C’est désormais officiel : les pensions complémentaires Agirc-Arrco des salariés et anciens salariés du privé seront revalorisées de 1,4 % au 1er novembre 2026. Le conseil d’administration du régime, composé des organisations syndicales et patronales, a voté cette hausse le 14 octobre. Après le gel de 2025, qui avait laissé un goût amer à des millions de retraités, la décision était très attendue — et elle mérite d’être décryptée, car elle reste en deçà de l’inflation.
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Ce qui a été décidé le 14 octobre #
Comme le détaille Groupama Ma Nouvelle Vie, la hausse de 1,4 % s’appliquera aux pensions complémentaires des quelque 14 millions de retraités du régime à compter du 1er novembre 2026. Le coût de la mesure est estimé à 1,4 milliard d’euros en année pleine.
Rappelons le principe pour ceux qui cotisent encore : chaque salarié du privé accumule tout au long de sa carrière des points Agirc-Arrco, financés par les cotisations salariales et patronales. Au moment de la retraite, ces points sont convertis en pension grâce à la valeur de service du point. C’est cette valeur que les partenaires sociaux revalorisent — ou non — chaque automne.
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Une hausse choisie sous l’inflation
Les règles de pilotage du régime laissaient aux administrateurs une marge de manœuvre comprise entre 1,2 % et 1,9 %, calculée à partir d’une inflation hors tabac estimée à 2 % et d’une progression du salaire moyen de 1,9 %. En retenant 1,4 %, le conseil d’administration a donc fait le choix d’une revalorisation inférieure à la hausse des prix, au nom de l’équilibre financier à long terme du régime.
Concrètement, le mécanisme de calcul avait été exposé dès septembre par MoneyVox : la valeur de référence ressortait à 1,6 % après déduction d’un « facteur de soutenabilité » de 0,4 point, avec une marge de négociation autour de ce pivot. Les administrateurs se sont finalement placés légèrement sous ce point de référence.
Ce que cela change sur la pension #
Avant cette décision, la valeur de service du point était de 1,4386 euro, inchangée depuis le 1er novembre 2024, comme le rappelle Selectra. Pour se représenter l’effet de la hausse, l’ordre de grandeur est simple : une complémentaire de 500 euros par mois progresse d’environ 7 euros mensuels, une complémentaire de 1 000 euros d’environ 14 euros.
Ce n’est pas négligeable, mais il faut le remettre en perspective : en 2025, faute d’accord entre les partenaires sociaux, les pensions complémentaires n’avaient pas été revalorisées du tout. Sur deux ans, le pouvoir d’achat des retraités du privé sur leur complémentaire a donc décroché par rapport aux prix, et la hausse de novembre ne comble qu’une partie de ce retard.
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Les pensions de réversion aussi concernées
Point important pour les veuves et veufs : la pension de réversion Agirc-Arrco représente 60 % des droits complémentaires du conjoint décédé. La revalorisation de la valeur du point s’y applique donc mécaniquement, dans les mêmes proportions.
Pendant ce temps, menace sur les retraites de base #
Cette hausse de la complémentaire intervient dans un contexte beaucoup moins favorable du côté des pensions de base versées par l’Assurance retraite. Le projet de budget de la Sécurité sociale pour 2027, actuellement examiné à l’Assemblée nationale, prévoit de ne revaloriser normalement en janvier 2027 que les retraités dont la pension totale — base et complémentaire — ne dépasse pas 1 260 euros par mois. Pour les autres, la hausse de la pension de base pourrait être inférieure à l’inflation ou décalée, selon des modalités fixées par décret. Le gouvernement chiffre cette économie à environ 4 milliards d’euros en 2027.
Autrement dit : ce que les partenaires sociaux accordent d’un côté sur la complémentaire, le projet de loi de financement pourrait le reprendre en partie de l’autre sur la base, pour une large part des retraités. Le texte n’est pas encore adopté et les débats parlementaires peuvent encore le faire évoluer — un dossier que nous suivrons de près.
Ce qu’il faut retenir en tant que salarié #
Pour les salariés encore en activité, cette séquence rappelle deux réalités. D’abord, la retraite complémentaire n’est pas indexée automatiquement sur l’inflation : elle dépend chaque année d’une négociation entre syndicats et patronat, où la présence d’organisations représentatives fortes pèse directement sur le résultat. Ensuite, la complémentaire représente une part substantielle de la pension totale d’un salarié du privé — en surveiller la valeur du point, c’est surveiller son futur pouvoir d’achat.
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La prochaine revalorisation interviendra au 1er novembre 2027. D’ici là, les retraités verront la hausse de 1,4 % appliquée sur leur versement de début novembre 2026.




