Les salariés qui prennent leur voiture pour aller travailler peuvent de nouveau toucher une aide de 100 euros pour la fin d’année. L’indemnité carburant, créée au printemps, est reconduite pour la période d’octobre à décembre 2026, et ses conditions de revenus ont été nettement assouplies. Pour celles et ceux qui ne l’avaient pas obtenue la première fois, le guichet en ligne est ouvert sur impots.gouv.fr depuis le 27 octobre.
Dans le commerce et la grande distribution, où les horaires décalés, les ouvertures matinales et les fermetures tardives rendent souvent les transports en commun impraticables, la question concerne beaucoup d’employés. Voici ce qu’il faut vérifier avant de faire la demande.
Plan de l'article
Une aide reconduite et élargie #
L’État avait instauré fin avril 2026 une indemnité carburant pour les travailleurs utilisant leur véhicule personnel à des fins professionnelles. D’abord fixée à 50 euros, elle avait rapidement été portée à 100 euros. Comme le rappellent les Éditions Tissot, le dispositif est reconduit pour le dernier trimestre, toujours pour 100 euros, par le décret n° 2026-959 du 15 octobre 2026, publié au Journal officiel du 16 octobre.
Le changement principal porte sur le plafond de ressources. Selon la page officielle de l’administration fiscale, le revenu fiscal de référence par part, calculé sur les revenus 2024, doit désormais être inférieur ou égal à 22 770 euros. L’administration indique que le nombre de bénéficiaires potentiels passe ainsi de 3 millions à 5,5 millions de personnes.
Concrètement, la même page donne des repères : une personne seule gagnant jusqu’à 2 050 euros net par mois (contre 1 508 euros auparavant) peut prétendre à l’aide, de même qu’un couple percevant jusqu’à 4 070 euros, un couple avec un enfant jusqu’à 5 087 euros ou un couple avec deux enfants jusqu’à 6 100 euros, sous réserve de remplir les autres conditions.
Qui est considéré comme « grand rouleur » #
L’aide vise les personnes qui dépendent réellement de leur véhicule pour travailler. Il faut remplir l’une de ces deux conditions : parcourir plus de 15 kilomètres par trajet entre le domicile et le lieu de travail, soit 30 kilomètres aller-retour, ou effectuer plus de 8 000 kilomètres par an dans le cadre de son activité professionnelle, trajets domicile-travail compris.
Côté revenus, il faut avoir déclaré pour 2024 des traitements et salaires (hors allocations chômage et préretraite), ou des bénéfices industriels et commerciaux, non commerciaux ou agricoles. Le demandeur doit être domicilié fiscalement en France métropolitaine, à Mayotte, en Guadeloupe, en Guyane, en Martinique ou à La Réunion, et avoir eu au moins 16 ans au 31 décembre 2024. Les foyers redevables de l’impôt sur la fortune immobilière sont exclus.
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Le véhicule aussi doit être éligible
Le véhicule doit avoir deux, trois ou quatre roues et une motorisation thermique ou hybride non rechargeable : les voitures 100 % électriques et les hybrides rechargeables sont exclues. Il doit être régulièrement assuré à la date de la demande et ne pas être classé comme véhicule endommagé au sens du code de la route.
Point important pour les salariés : les véhicules de fonction ou de service dont le carburant est pris en charge par l’employeur n’ouvrent pas droit à l’aide. En revanche, l’administration précise qu’il n’est pas nécessaire d’être propriétaire du véhicule : une voiture en location longue durée ou celle d’un proche peut convenir. Un même véhicule ne peut ouvrir droit qu’à une seule indemnité.
Versement automatique ou demande en ligne #
Deux situations se présentent. Les salariés qui avaient déjà perçu la première aide n’ont aucune démarche à faire : le second versement de 100 euros est automatique depuis le 16 octobre 2026, selon les Éditions Tissot.
Ceux qui n’étaient pas éligibles la première fois, notamment en raison de l’ancien plafond de revenus, peuvent déposer leur demande sur impots.gouv.fr depuis le 27 octobre. La démarche passe d’abord par un simulateur qui vérifie l’éligibilité en quelques questions, puis par un formulaire. Il faut avoir sous la main son avis d’impôt 2025 sur les revenus 2024 (revenu fiscal de référence et nombre de parts), ses identifiants fiscaux, le numéro d’immatriculation du véhicule et le numéro de sa carte grise.
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Une fois le dossier validé, la somme est versée sur le compte bancaire enregistré pour l’impôt sur le revenu, dans un délai de dix jours selon les Éditions Tissot. Une assistance téléphonique est assurée au 0806 000 229, du lundi au vendredi de 8 h 30 à 19 h.
Ce que les représentants du personnel peuvent relayer #
L’aide est versée par l’État, pas par l’employeur : elle n’apparaît pas sur la fiche de paie et ne remplace pas les dispositifs d’entreprise comme le forfait mobilités durables ou la prise en charge des frais de transport. Elle ne dispense pas non plus d’aborder la question des frais de déplacement dans les négociations annuelles obligatoires.
Dans les magasins où une partie importante des équipes vient de communes mal desservies, relayer l’information a un intérêt réel. Beaucoup de salariés à temps partiel, exclus de la première version à cause du plafond plus bas, entrent désormais dans les critères sans le savoir. Un simple affichage renvoyant vers le simulateur officiel peut suffire.
Dernier conseil : les bénéficiaires doivent conserver les pièces justificatives attestant de leur éligibilité pendant cinq ans à compter de la date du versement, comme le rappellent les Éditions Tissot. Mieux vaut donc garder de quoi établir la distance parcourue et l’usage professionnel du véhicule.




