Jeudi 5 novembre, l’ensemble des organisations syndicales françaises appellent à une journée de grève et de manifestations pour les salaires, l’emploi et les services publics — une unité rare, rejointe par les organisations de jeunesse et la coordination des gilets jaunes.
Plan de l'article
Qui appelle à la mobilisation du 5 novembre ? #
L’appel initial a été lancé début octobre par une intersyndicale réunissant la CFDT, la CGT, FO, l’Unsa et la FSU. Depuis, le front s’est élargi : la CFE-CGC a confirmé sa participation par la voix de Christelle Thieffinne, et la CFTC de Cyril Chabanier s’est jointe au mouvement, selon la dépêche AFP reprise par France 24.
C’est donc la totalité des confédérations syndicales qui défilera jeudi, une configuration que l’on n’avait plus vue depuis les grandes mobilisations contre la réforme des retraites. L’Union syndicale lycéenne annonce que lycéens et étudiants rejoindront les cortèges, et la coordination des gilets jaunes appelle de son côté à un « 5 novembre du peuple ».
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Quelles sont les revendications ? #
Le mot d’ordre tient en quatre axes : l’augmentation des salaires, la sauvegarde des services publics, la défense de l’emploi et de l’industrie, et une meilleure répartition des richesses pour les salariés, les jeunes et les retraités. L’appel détaillé est consultable sur le site de la CFDT UFETAM.
Le projet de budget du gouvernement cristallise la colère : la CGT le juge « catastrophique pour le pays » et en réclame la révision. Sophie Binet, sa secrétaire générale, annonce « une grande journée de convergence », tandis que Caroline Chevé, pour la FSU, prévient qu’« une journée ne suffira pas ».
Que s’est-il passé à Matignon ? #
Les syndicats ont été reçus à Matignon une dizaine de jours avant le 2 novembre. Ils en sont ressortis sans engagement concret : aucune mesure n’a été obtenue, même si une possible hausse du Smic a été évoquée lors de la rencontre, rapporte France 24.
C’est précisément cette absence de réponse qui a soudé le front syndical. Pour Cyril Chabanier (CFTC), l’enjeu de la journée de jeudi est de maintenir la pression sur le gouvernement, au moment où le budget est débattu au Parlement.
Quelles perturbations attendre jeudi ? #
Les prévisions de trafic SNCF et RATP sont attendues mardi, celles du transport aérien mercredi. Le climat social est déjà tendu : une grève de 24 heures des dockers a perturbé les ports vendredi, et les trois derniers samedis ont vu des manifestations contre la vie chère rassembler, selon la FSU, des centaines de milliers de personnes à chaque fois.
À Paris, la CGT signale que la préfecture a refusé les parcours de cortège déposés dans le centre de la capitale lors des deux derniers samedis, sur fond de préoccupation après les pillages signalés à l’issue de la manifestation du 17 octobre.
Et après le 5 novembre ? #
Hormis Solidaires, les confédérations n’évoquent pas à ce stade de reconduction de la grève au-delà de jeudi. La coordination des gilets jaunes envisage en revanche un « Acte IV » les 6 et 7 novembre, avec blocages, grèves et manifestations.
Pour les salariés du privé, rappelons les règles de base : la grève est un droit constitutionnel, aucun préavis individuel n’est exigé dans le secteur privé, et la retenue sur salaire doit être strictement proportionnelle à la durée de l’arrêt de travail. Se rapprocher de ses représentants du personnel reste le meilleur réflexe pour connaître les modalités locales de la journée.
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Questions fréquentes #
Faut-il prévenir son employeur pour faire grève le 5 novembre ?
Dans le secteur privé, non : aucun préavis individuel n’est requis, il suffit que la grève s’inscrive dans un mouvement collectif avec des revendications professionnelles, ce qui est le cas de cet appel national.
Tous les syndicats participent-ils ?
Oui. À l’appel initial de la CFDT, la CGT, FO, l’Unsa et la FSU se sont ajoutées la CFE-CGC et la CFTC, ainsi que des organisations lycéennes et étudiantes.
Une hausse du Smic est-elle sur la table ?
Elle a été évoquée lors de la rencontre entre les syndicats et Matignon, mais aucune mesure n’a été annoncée à ce stade, selon France 24.
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