Grève du 5 novembre : ce que demandent les syndicats et ce qu’il faut savoir dans le commerce

Le jeudi 5 novembre 2026 sera une journée de grève et de manifestations interprofessionnelles, dans le public comme dans le privé. L’appel est commun à cinq organisations, dont la CFDT, et il vise directement les salaires. Après une réunion sans annonce à Matignon le 21 octobre, la date est maintenue. Voici ce que demandent les syndicats, et ce qu’il faut savoir quand on travaille dans le commerce et que l’on envisage d’y participer.

Un appel commun signé par cinq organisations #

Le communiqué publié le 5 octobre porte les signatures de la CFDT, de la CGT, de FO, de l’Unsa et de la FSU. Le constat est posé sans détour : « Carburant, produits alimentaires, loyers, gaz, électricité… tout augmente sauf les salaires et les pensions. » Le texte relève aussi que « les plans de licenciements se multiplient dans l’industrie comme dans le commerce ou les services ».

Après la journée de la fonction publique du 29 septembre, les organisations appellent « l’ensemble des salarié.e.s du public comme du privé, des jeunes et des retraité.e.s » à « faire grève et manifester le jeudi 5 novembre prochain ».

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Ce que demandent les syndicats

Pour les salariés du privé, la première revendication est la plus concrète : « l’ouverture immédiate dans toutes les entreprises et dans toutes les branches de négociations pour augmenter les salaires et réaliser l’égalité salariale Femmes-Hommes ». Le communiqué réclame aussi la hausse du Smic et des aides sociales, la revalorisation des pensions, y compris des retraites complémentaires Agirc-Arrco, et des moyens pour les services publics.

Le texte critique enfin le projet de budget, accusé de geler les prestations sociales et de « réduire le rôle protecteur de la sécurité sociale », et demande des mesures de justice fiscale.

Matignon, une réunion jugée décevante #

Le 21 octobre au matin, le Premier ministre Sébastien Lecornu a reçu les organisations syndicales pendant deux heures et demie, en présence de plusieurs ministres dont Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail. Selon Public Sénat, aucune mesure n’a été annoncée à la sortie.

Marylise Léon, secrétaire générale de la CFDT, a jugé « impératif qu’il y ait des réponses sociales » d’ici le 5 novembre, estimant le gouvernement « pas vraiment dans le tempo ». Elle a confirmé : « Le rendez-vous de mobilisation, c’est le 5 novembre. » Côté CFTC, Cyril Chabanier a parlé d’une réunion « très décevante », tout en notant que le gouvernement avait « ouvert la porte à ce qu’il y ait une discussion autour du Smic ». Le ministre du Travail doit recevoir prochainement les syndicats sur le pouvoir d’achat.

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Faire grève dans le commerce : les règles de base #

Dans une enseigne de la grande distribution, comme dans la plupart des entreprises privées, il n’y a pas de préavis de grève à déposer. Le préavis concerne les services publics. En revanche, la grève suppose un arrêt collectif du travail pour appuyer des revendications professionnelles, et l’employeur doit en avoir connaissance au plus tard au moment où l’arrêt commence, comme le rappelle une décision commentée par les Éditions Tissot. Un appel national interprofessionnel portant sur les salaires remplit cette condition.

Le temps de grève n’est pas payé : la retenue doit être strictement proportionnelle à la durée de l’arrêt. À l’inverse, aucun salarié ne peut être sanctionné ou discriminé pour avoir fait grève dans les conditions légales, et un licenciement motivé par la grève est nul. Seuls des actes comme la violence ou l’atteinte à la liberté de travailler des non-grévistes peuvent constituer une faute lourde. Ces garanties sont détaillées dans le mode d’emploi du droit de grève publié par FO.

Quelques réflexes pratiques

L’arrêt de travail doit être total pendant la durée de la grève : ralentir volontairement la cadence, la « grève perlée », n’est pas une grève au sens du droit. Il est utile de prévenir son équipe pour éviter les malentendus sur le planning, sans avoir à se justifier individuellement auprès de la direction. En cas de doute sur une retenue, la fiche de paie de novembre doit faire apparaître clairement les heures décomptées.

Et après le 5 novembre ? #

La mobilisation intervient en plein examen du budget de l’État et de celui de la Sécurité sociale. Pour la CFDT, l’enjeu est d’obtenir des ouvertures concrètes sur les salaires avant que les textes ne soient votés. Dans les entreprises, la revendication d’ouvrir des négociations salariales peut aussi être portée lors des prochaines négociations annuelles obligatoires.

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Pour toute question sur l’organisation de la journée dans votre magasin, les représentants du personnel et les délégués syndicaux sont les premiers interlocuteurs.

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