Mobilisations des 5, 6 et 7 novembre : grève massive, acte IV et ce qui attend les salariés

La semaine sociale s’achève sur un enchaînement inédit : après la grève interprofessionnelle de jeudi, le mouvement parti de la « vie chère » enchaîne avec des blocages ce vendredi et un « acte IV » ce samedi 7 novembre. Pour les salariés, qu’ils soient grévistes, manifestants ou simplement usagers des transports, voici ce qu’il faut retenir de ces trois journées de mobilisation.

Jeudi 5 novembre : une grève interprofessionnelle massive #

La journée de jeudi a donné lieu à une bataille de chiffres classique mais d’une ampleur rare : environ 600 000 manifestants recensés par les autorités, quand la CGT en revendique près d’1,6 million, selon le décompte rapporté par Sortir à Paris. Fait notable de cette séquence : le secteur privé s’est davantage joint au mouvement que lors des précédentes journées, signe que les questions de pouvoir d’achat dépassent désormais largement la fonction publique.

Cette grève s’inscrit dans un mouvement de contestation relancé depuis le 17 octobre, qui avait rassemblé ce jour-là 550 000 personnes en France, dont 110 000 à Paris. Les actes suivants ont réuni 410 000 manifestants le 24 octobre, puis 320 000 le 31 octobre selon le ministère de l’Intérieur — plus de 500 000 selon la coordination organisatrice.

Vendredi 6 novembre : reconductions et actions locales #

La journée de vendredi a été présentée par les organisateurs comme un temps de reconduction : grèves prolongées, blocages et initiatives locales, sans programme national centralisé. D’après le site spécialisé C’est la grève, les revendications portent sur la vie chère, le pouvoir d’achat, les inégalités sociales et la défense des salariés et de leurs conditions de travail — des modalités d’action qui varient d’une ville à l’autre, faute de plateforme nationale unifiée. En fin de semaine, 65 actions étaient recensées sur la carte participative du mouvement.

Samedi 7 novembre : deux cortèges, deux statuts très différents #

La journée de samedi concentre l’attention, avec deux rendez-vous parisiens au statut opposé.

Le cortège intersyndical, autorisé de République à Nation

Seule manifestation autorisée dans la capitale : celle de l’intersyndicale, dont le parcours entre la place de la République et la place de la Nation, par le boulevard Voltaire, a été validé vendredi par la préfecture de police. C’est l’itinéraire classique des grandes mobilisations sociales parisiennes, choisi pour sa capacité d’absorption des cortèges.

Le rassemblement de la Concorde, interdit mais maintenu

La coordination nationale du mouvement appelle de son côté à un rassemblement à 14 heures place de la Concorde, sous le mot d’ordre « pour l’égalité réelle ». La préfecture de police a interdit ce rassemblement, mais les organisateurs affirment le maintenir « quoi qu’il arrive ». Reçue vendredi à la préfecture, la coordination a refusé de rejoindre le cortège syndical, estimant que ses revendications — états généraux, processus constituant, contestation de la « monarchie présidentielle » — n’ont pas de rapport avec celles des syndicats. Elle a par ailleurs déposé plainte contre le préfet de police pour « entrave au droit de manifester ».

Ce que cela signifie concrètement pour les salariés #

Pour ceux qui travaillent samedi, notamment dans le commerce, la journée s’annonce compliquée dans les centres-villes concernés : des perturbations de circulation sont attendues autour des rassemblements et des blocages, à Paris comme en région. Mieux vaut anticiper ses trajets, vérifier l’état du trafic avant de partir et prévoir une marge pour la prise de poste.

Pour les salariés qui souhaitent se joindre au cortège autorisé, rappelons qu’une manifestation déclarée et validée par la préfecture, comme celle de République–Nation, offre le cadre le plus sûr. Participer à un rassemblement interdit expose en revanche à des risques de verbalisation et à des dispersions, un point que la préfecture a clairement signifié aux organisateurs de la Concorde.

Et après ? #

La séquence des 5, 6 et 7 novembre ressemble à un test grandeur nature : la jonction entre mobilisation syndicale organisée et contestation citoyenne plus diffuse reste incertaine, comme le montre le refus de la coordination de défiler avec l’intersyndicale. Une chose est acquise : avec un secteur privé qui entre dans la danse et des comptages qui se maintiennent à des niveaux élevés depuis la mi-octobre, la question du pouvoir d’achat s’installe durablement au cœur de l’agenda social. Les prochaines semaines diront si le mouvement se structure autour de revendications négociables — salaires, conditions de travail — ou s’il reste dans la rue.

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